Voici l’un des rares verbes français dont l’auxiliaire dépend du sens. Selon ce que vous voulez dire, convenir se conjugue avec être ou avec avoir, et les deux formes sont correctes dans leur emploi propre.
« Nous sommes convenus » ou « nous avons convenu » ?
« Nous sommes convenus d’un rendez-vous » est la forme classique quand convenir signifie se mettre d’accord. « Cette date m’a convenu » emploie avoir quand convenir signifie être approprié. L’usage moderne accepte largement nous avons convenu dans le premier sens, mais l’Académie maintient la distinction.
Les deux sens du verbe
- convenir de : se mettre d’accord sur quelque chose. Auxiliaire être. Nous sommes convenus d’une date.
- convenir à : être approprié à quelqu’un. Auxiliaire avoir. Ce choix a convenu à tout le monde.
- convenir que : reconnaître, admettre. Auxiliaire être dans l’usage soutenu. Il est convenu qu’il avait tort.
La différence de construction accompagne la différence de sens, ce qui donne un repère commode : quand le verbe est suivi de « de », prenez « être » ; quand il est suivi de « à », prenez « avoir ».
Comment trancher en une seconde ?
Remplacez le verbe. Si nous nous sommes mis d’accord passe, vous êtes dans le premier sens : auxiliaire être. Si cela a plu ou cela allait bien passe, vous êtes dans le second : auxiliaire avoir.
- Nous nous sommes mis d’accord sur le prix : donc nous sommes convenus du prix.
- Cette date lui allait bien : donc cette date lui a convenu.
L’usage moderne a-t-il tranché ?
Pas complètement, et il vaut mieux le savoir avant de corriger quelqu’un. Nous avons convenu de nous revoir se rencontre partout, y compris dans la presse et dans les textes administratifs, et les dictionnaires courants l’enregistrent comme admis.
L’Académie française et les grammaires de référence maintiennent la distinction, en la présentant comme la forme soignée. Grevisse relève des exemples des deux emplois chez de bons auteurs depuis le dix-neuvième siècle.
La conclusion pratique tient en une phrase : « nous sommes convenus » ne sera jamais reproché, « nous avons convenu » passe partout sauf dans un texte très soigné. Si vous hésitez, la première forme est le choix sûr.
Les autres verbes à double auxiliaire
Une dizaine de verbes changent d’auxiliaire selon qu’ils ont ou non un complément d’objet direct. Le mécanisme n’est pas le même que pour convenir, mais la vigilance à exercer est identique.
- monter : il est monté, mais il a monté l’escalier.
- descendre : elle est descendue, mais elle a descendu les valises.
- sortir : nous sommes sortis, mais nous avons sorti la voiture.
- passer : il est passé, mais il a passé un examen.
- retourner : je suis retourné, mais j’ai retourné la crêpe.
- demeurer : il est demeuré silencieux, mais il a demeuré rue Saint-Jacques, vieilli.
La règle est simple pour ces six-là : avec un complément direct, employez « avoir » ; sans complément, employez « être ». Le sens change en même temps que l’auxiliaire, l’un étant transitif et l’autre non.
Questions fréquentes
« Il a été convenu » est-il correct ?
Oui, et c’est même la tournure la plus employée dans les textes administratifs : il a été convenu ce qui suit. Il s’agit d’un passif, qui échappe à la question de l’auxiliaire.
« Comme convenu » ou « comme convenus » ?
Comme convenu, invariable. La formule est figée et ne s’accorde pas, même quand plusieurs personnes sont concernées.
Peut-on écrire « nous avons convenu d’une date » ?
L’usage l’admet largement et vous ne serez repris que dans un contexte très soigné. Nous sommes convenus d’une date reste la forme classique.
À retenir
- Convenir de au sens de se mettre d’accord : auxiliaire être.
- Convenir à au sens d’être approprié : auxiliaire avoir.
- Le test : se mettre d’accord pour être, aller bien pour avoir.
- Comme convenu reste invariable en toutes circonstances.
Les verbes dont l’auxiliaire varie forment l’un des points les plus glissants de la conjugaison française. Nous en croisons d’autres dans notre relevé des 100 fautes les plus courantes.