Les listes de figures de style circulent partout et servent rarement, parce qu’elles alignent quarante définitions sans dire à quoi chacune sert. Le classement par famille change tout : il regroupe les figures selon l’opération qu’elles font subir au langage.
Quelles sont les principales figures de style ?
On les classe en six familles : les figures d’analogie (métaphore, comparaison), d’opposition (antithèse, oxymore), d’insistance (anaphore, gradation), d’atténuation (litote, euphémisme), de substitution (métonymie, périphrase) et de construction (ellipse, parallélisme).
Les figures d’analogie
Elles rapprochent deux réalités éloignées pour éclairer la première par la seconde.
- la comparaison : rapprochement avec un outil, comme, tel. Fort comme un bœuf.
- la métaphore : le même rapprochement sans outil. Cet homme est un lion.
- la personnification : donner des traits humains à une chose. Le vent hurlait.
- l’allégorie : représenter une idée par une figure concrète développée. La Justice aux yeux bandés.
- la métaphore filée : une métaphore poursuivie sur plusieurs phrases.
Les figures d’opposition
- l’antithèse : deux idées opposées rapprochées. Je vis, je meurs.
- l’oxymore : deux mots contradictoires accolés. Une obscure clarté.
- le chiasme : une construction croisée. Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger.
- l’antiphrase : dire le contraire de ce qu’on pense. C’est du joli !.
- le paradoxe : une idée qui heurte l’opinion commune.
L’oxymore et l’antithèse se confondent souvent. La différence tient à la distance : l’oxymore accole deux mots contradictoires dans le même groupe, l’antithèse oppose deux idées dans deux propositions distinctes.
Les figures d’insistance
- l’anaphore : la même formule en tête de plusieurs phrases.
- la gradation : une progression d’intensité. Un roc, un pic, un cap.
- l’hyperbole : l’exagération. Je meurs de faim.
- l’accumulation : une longue énumération.
- le pléonasme : une répétition redondante, fautive ou volontaire. Monter en haut.
- la répétition : le retour d’un mot, à n’importe quelle place.
Les figures d’atténuation
- la litote : dire moins pour suggérer plus. Va, je ne te hais point.
- l’euphémisme : adoucir une réalité pénible. Il nous a quittés.
- la prétérition : annoncer qu’on ne dira pas ce qu’on est en train de dire.
La litote et l’euphémisme se distinguent par leur intention. La litote cherche à renforcer : ce n’est pas mauvais signifie que c’est excellent. L’euphémisme cherche à ménager : il nous a quittés évite de dire qu’il est mort.
Les figures de substitution
- la métonymie : remplacer par un terme lié. Boire un verre, lire un Zola.
- la synecdoque : nommer la partie pour le tout. Une voile à l’horizon.
- la périphrase : remplacer un mot par une expression. La capitale des Gaules.
- l’antonomase : un nom propre pour un nom commun. Un harpagon, un tartuffe.
Les figures de construction et de sonorité
- l’ellipse : supprimer un élément attendu. Moi, jamais.
- l’asyndète : supprimer les liaisons. Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu.
- le parallélisme : deux constructions identiques.
- l’inversion : déplacer un élément hors de sa place ordinaire.
- l’allitération : répéter une consonne.
- l’assonance : répéter une voyelle.
- la paronomase : rapprocher deux mots de sonorité proche. Qui se ressemble s’assemble.
Comment les repérer sans se tromper ?
La méthode qui fonctionne consiste à partir de l’effet, jamais du catalogue. Lisez le passage, notez ce que vous ressentez, puis cherchez par quel moyen le texte y est parvenu.
L’erreur inverse, celle du relevé mécanique, produit des commentaires qui listent douze figures sans jamais dire ce qu’elles font. Une figure repérée mais non interprétée ne vaut rien, ni dans un devoir ni dans une lecture personnelle.
Questions fréquentes
Quelle différence entre métaphore et comparaison ?
La comparaison emploie un outil comme comme ou tel. La métaphore fait le même rapprochement sans cet outil.
Quelle différence entre litote et euphémisme ?
La litote dit moins pour faire entendre plus, elle renforce. L’euphémisme adoucit une réalité pénible, il ménage.
Combien de figures de style existe-t-il ?
Les traités anciens en recensent plus de deux cents. Une quarantaine suffit largement pour lire et commenter un texte.
À retenir
- Six familles : analogie, opposition, insistance, atténuation, substitution, construction.
- Oxymore : deux mots contradictoires accolés. Antithèse : deux idées opposées.
- Litote : renforce en disant moins. Euphémisme : adoucit.
- Partez toujours de l’effet, jamais du catalogue.
Plusieurs de ces figures ont leur article détaillé : l’allégorie, l’énumération, le rythme ternaire et les registres littéraires.