Il a été surpris ou il a était surpris ? La seconde forme se lit tous les jours, dans des messages, des rapports, parfois des articles de presse. Elle est pourtant impossible, et une seconde suffit à s’en assurer.
Alors, « été » ou « était » ?
« Été » est le participe passé du verbe être : il s’emploie après un auxiliaire, comme dans j’ai été, il a été, nous avons été. « Était » est l’imparfait : il s’emploie seul, avec son sujet, comme dans il était, elle était. Les deux ne se rencontrent jamais dans la même position.
Le test qui règle tout en une seconde
Remplacez le verbe « être » par « avoir ». Si la phrase vous fait dire eu, écrivez été. Si elle vous fait dire avait, écrivez était. Ce test ne connaît aucune exception.
- Il a été malade devient il a eu la grippe, donc été.
- Il était malade devient il avait la grippe, donc était.
- Elle a été prévenue devient elle a eu un avertissement, donc été.
La raison de son efficacité est simple : avoir distingue à l’oreille ce que être confond. Là où été et était se prononcent presque pareil, eu et avait ne se ressemblent en rien.
Pourquoi « il a était » est-il toujours faux ?
Parce qu’un auxiliaire conjugué ne peut pas être suivi d’un second verbe conjugué. Après il a, la langue attend un participe passé, et le participe passé du verbe être est été, jamais était.
La faute est si répandue qu’elle mérite un mot d’explication plutôt qu’un reproche. À l’oral, la différence entre les deux formes est ténue, presque nulle dans certaines régions. L’oreille n’enregistre donc aucune alerte, et la main écrit la forme la plus familière. Seule l’analyse tranche.
Le cas de « l’été », la saison
Un troisième mot vient compliquer le tableau : l’été, nom masculin qui désigne la saison. Il s’écrit exactement comme le participe passé, et seul le contexte les sépare.
- L’été a été chaud. Le premier est la saison, le second le participe.
- Cet été, nous partirons plus tôt.
- Il a été question de tout annuler.
La première phrase contient les deux, ce qui en fait un bon exercice de relecture. Si un article ou un démonstratif précède le mot, c’est la saison. Si c’est un auxiliaire, c’est le participe.
Le participe passé s’accorde-t-il ?
Non, et c’est une bonne nouvelle. « Été » est invariable en toutes circonstances, parce que le verbe être n’a pas de complément d’objet direct.
- Elles ont été surprises, et non étées.
- Ils ont été prévenus.
- Nous avons été très bien reçus.
En revanche, l’adjectif ou le participe qui suit s’accorde bien avec le sujet : elles ont été surprises. C’est là que se joue l’accord, pas sur été.
Les autres homophones du verbe être
Le verbe le plus employé du français est aussi celui qui produit le plus de sosies sonores.
- est et et : il est parti et revenu
- était et étais : selon la personne, j’étais contre il était
- soit et soie : le subjonctif et le tissu
- ai été et étais : le passé composé contre l’imparfait
Et « étais » ou « était » ?
La question voisine porte cette fois sur la personne et non sur le temps. Les deux formes appartiennent à l’imparfait, et seule la terminaison change selon le sujet.
- j’étais et tu étais : première et deuxième personne du singulier.
- il était, elle était, on était : troisième personne.
- nous étions, vous étiez, ils étaient : le pluriel.
Le piège tient à ce que les trois premières formes se prononcent exactement de la même façon. Le seul remède est de chercher le sujet, ce qui suppose parfois de remonter un peu dans la phrase : le dossier que je croyais complet était en réalité vide a pour sujet le dossier, malgré le je qui traîne juste avant.
Une précision qui règle beaucoup de cas : le pronom « on » commande toujours la troisième personne. On écrit on était fatigués, avec la terminaison de il, même quand on désigne clairement un « nous ». Seul l’adjectif qui suit peut s’accorder au pluriel.
Questions fréquentes
« J’ai été » ou « j’étais » ?
Les deux existent, avec des sens différents. J’ai été désigne un fait achevé, j’étais une situation qui durait. J’ai été malade la semaine dernière contre j’étais malade quand tu as appelé.
« Il a était » peut-il se justifier dans un dialogue ?
Non. Contrairement à ça serait, qui est familier mais correct, il a était est une faute d’orthographe. Elle ne transcrit rien, puisque la prononciation est identique.
Faut-il accorder « été » avec le sujet ?
Jamais. Le participe passé du verbe être est invariable : elles ont été reçues, avec l’accord sur reçues seulement.
À retenir
- Été : participe passé, après un auxiliaire, invariable.
- Était : imparfait, avec un sujet, sans auxiliaire.
- Le test : remplacez être par avoir. Si eu passe, écrivez été.
Cette paire figure parmi les fautes les plus repérées par les correcteurs professionnels, avec « ce serait » et « se serait ». Nous en avons réuni bien d’autres dans notre relevé des fautes les plus courantes.