« En tout point » ou « en tous points » : lequel faut-il écrire ?

Vous voulez dire que deux choses se ressemblent absolument, et la locution vous échappe au moment de l’écrire. En tout point ou en tous points ? Voilà l’une des rares questions d’orthographe où la réponse est : les deux, et ce n’est pas une dérobade.

Alors, « en tout point » ou « en tous points » ?

Les deux formes sont correctes, à condition d’accorder les deux mots ensemble. Écrivez « en tout point » au singulier ou « en tous points » au pluriel, jamais un mélange des deux. Les graphies en tous point et en tout points sont, elles, franchement fautives.

Pourquoi deux formes plutôt qu’une ?

Parce que la langue permet ici deux façons de compter. Au singulier, on envisage chaque point séparément : en tout point signifie « sur chaque point pris un par un ». Au pluriel, on embrasse l’ensemble : en tous points signifie « sur la totalité des points ».

Le sens final est le même, seule la perspective change. Le français autorise ce genre de double lecture dans plusieurs locutions bâties sur tout, et il ne tranche pas, faute de raison de le faire.

  • Leur version est conforme en tout point à la nôtre.
  • Leur version est conforme en tous points à la nôtre.
  • Ce récit est en tous points invraisemblable.

Laquelle choisir si vous voulez ne pas y penser ?

Le pluriel, « en tous points ». Il domine largement l’usage contemporain, on le rencontre plus souvent dans la presse et l’édition, et il ne surprendra aucun lecteur. Le singulier est parfaitement correct mais plus rare, ce qui le fait parfois passer pour une faute aux yeux de gens pressés.

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Un principe de rédaction plus général se cache derrière ce choix : quand deux formes sont admises, préférez celle que vos lecteurs voient le plus souvent. Vous n’écrivez pas pour prouver que vous connaissez la règle, vous écrivez pour ne pas faire trébucher.

Les formes voisines qui suivent la même logique

La locution appartient à une famille où tout s’accorde ou non selon la même liberté. Voici les principales, avec leur usage majoritaire.

  • à tous points de vue ou à tout point de vue : les deux, avec préférence pour le pluriel
  • en tout cas : toujours au singulier, forme figée
  • à tous égards : toujours au pluriel
  • en tout genre ou en tous genres : les deux
  • de tout temps : au singulier, malgré l’oreille
  • à tout hasard : au singulier, forme figée

Les formes figées sont les plus traîtresses, parce qu’elles ne suivent aucune logique visible : en tout cas reste au singulier alors que à tous égards reste au pluriel, sans qu’aucune règle ne l’explique. Elles se mémorisent telles quelles.

L’erreur qu’il faut vraiment éviter

Une seule graphie est indéfendable : celle qui mélange les deux nombres. En tous point et en tout points se rencontrent pourtant très souvent, y compris dans des textes professionnels.

La raison en est simple. L’auteur hésite, commence à écrire une forme, se ravise en cours de route, et corrige un mot sans corriger l’autre. C’est une faute de relecture bien plus qu’une faute de grammaire, ce qui la rend d’autant plus facile à repérer une fois qu’on la connaît.

Questions fréquentes

« En tous points identiques » ou « en tout point identiques » ?

Les deux sont corrects. En tous points identiques est la forme la plus courante.

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Faut-il un s à « point » après « à tout point de vue » ?

Les deux se disent : à tout point de vue et à tous points de vue. Le pluriel domine l’usage écrit.

Pourquoi « en tout cas » ne prend-il jamais de s ?

Parce qu’il s’agit d’une locution figée, soudée par l’usage depuis des siècles. Elle échappe à l’accord, comme à tout hasard ou de tout temps.

À retenir

  • En tout point et en tous points sont tous deux corrects.
  • Le pluriel domine l’usage : c’est le choix le plus sûr.
  • La seule vraie faute est le mélange : en tous point ou en tout points.

Cette souplesse d’accord se retrouve dans d’autres tournures, comme « salle de bain » ou « salle de bains », où deux graphies coexistent sans que l’une soit fautive.

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